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Agenda

du Vendredi 14 Septembre au Dimanche 18 Novembre

Exposition / Généalogies : Peintures - Gravures - Livres d'artistes


Date & Lieu

Du 15 septembre au 19 novembre au mus

Martine Rassineux, graveur, et François da Ros, typographe, maître d'art, invitent à un voyage à la recherche des origines : celles de la naissance, de la filiation, de la mémoire, mais aussi celles de la lettre, du livre, de la lecture.

L'exposition présente les Å“uvres de leurs généalogies respectives, dont les troncs, rapidement, se rencontrent, se croisent et s'imbriquent pour engendrer de nouvelles Å“uvres.

Chez Martine Rassineux, Généalogies prend la forme de 80 dessins au lavis (format 60 x 60 cm). Portraits de famille, notamment de femmes, autoportraits satisfont à la ressemblance familiale qui, au-delà de la mémoire, s'évanouit ; la généalogie se charge alors de mythes divers qui surgissent quand il n'y a plus de personnes connues dans l'arbre généalogique qu'elle tente de remonter.

La magie opère, les scènes semblent flotter entre mer et ciel, grâce à une profonde adéquation entre la technique employée – celle du lavis à la peinture à l'huile et à l'encre typographique, qui joue sur l'attirance et la répulsion des corps gras avec l'eau – et le propos de l'artiste : humidité de la naissance, représentations féminines au bord de la mer, enjeux de la ressemblance imaginaire des femmes de sa famille au-delà de celles qu'elle a connues. La série s'élabore quand les traits se décalent, passant de son portrait à celui de sa mère et de celui de sa mère à celui de sa grand-mère. Avec une étonnante économie du trait, une absence de fond et les nuances les plus subtiles du gris, le spectateur perçoit la solitude de la petite fille sur la plage, sa détresse sans explication, la chaleur de l'été, le cri assourdi d'une mouette au loin, le picotement du sel sur la peau, comme un temps arrêté, qui n'en finit pas de passer.

Textes mis en scène : un texte intitulé La Reine Jane accompagne ces dessins et en constitue la toile de fond : chronique de la ville d'Amiens, de la baie de Somme et, plus particulièrement, de la plage du Crotoy dans les années 1960, mais également, au-delà de la description géographique des lieux, il s'agit de raconter la petite enfance. L'élaboration de ce récit – de même pour les lavis â€“ répond à des interrogations essentielles : que reste-t-il de la mémoire des défunts ? Texte et gravures sont deux voix discontinues, aux propos différents qui se complètent.

Des textes engagés de François Da Ros, notamment Le Roi, sont également présentés (pages doubles au format 32,50 x 50 cm ) : ils témoignent de ses réflexions sur son travail de typographe et révèlent, entre manifeste et poésie, son intimité avec la lettre.

L'arbre généalogique de François Da Ros est ponctué par les livres qu'il a composés au plomb dans l'imprimerie Fequet et Baudier dès 1964 avec les artistes de l'époque (Picasso, Braque, Chagall, Miro), puis dans ses propres ateliers avec pour préoccupations constantes, la généalogie de la lettre, le mystère du plomb et l'esprit du texte. Son travail le conduit à la création des éditions Anakatabase en 1991, dont le livre fondateur est, outre une réelle mise en valeur de la lettre, un incroyable travail sur les langues. Ce récit autobiographique, qu'il a traduit en dix-neuf idiomes, dont l'anakatabasien qu'il a décodé, raconte son expérience de typographe.

Les troncs se rejoignent avec les livres réalisés ensemble, également exposés. Quelques exemples : Rose Goretest une mise en scène à la fois humoristique et grave d'un poème de Gérard Farasse. Treize gravures originales sur cuivre de Martine Rassineux, ainsi que la composition à la main au plomb mobile de François Da Ros, sont tirées sur «Â peau-de-la-bête ». Cette réalisation constitue une réflexion sur le mythe du cochon dans diverses cultures et souligne l'affection particulière que l'art et la littérature portent à cet animal.

Kacerov se présente comme un livre relié ; ouvert, il devient scène de théâtre avec personnages et boîte à musique ; il renferme dans son socle le programme de théâtre typographié par François Da Ros, le décor de fond de scène est une gravure de Martine Rassineux représentant des visages d'angelots baroques (et de Nathalie Grenier au verso).

Les écrits de Skhêma, extraits du Timée de Platon, orientent la lisibilité des douze eaux-fortes et pointes-sèches originales sur cuivre. Le texte, mis en pages à la main au plomb mobile rappelle les tablettes des inscriptions lapidaires.

Les affiches «Â Estampes avec la lettre » sont des Å“uvres communes â€“ eaux-fortes de Martine Rassineux associées à un texte inédit de poésie contemporaine (Gérard Farasse, André Velter, Jude Stéfan) composé par François Da Ros â€“ qui soulignent leur engagement. Loin d'être une légende de l'image, la typographie anime de son souffle le texte et la gravure. Trouver un équilibre dans les rapports ambigus du texte composé par le typographe et l'image gravée est l'un des enjeux de leur travail à quatre mains.

La mise en page typographique détermine le rythme de la lecture en jouant sur la police, l'italique ou le romain, l'espacement, la lecture horizontale ou verticale ; elle modifie la compréhension et la manière de ressentir les mots. La terminologie n'est-elle pas exemplaire d'une relation profondément humaine entre la composition et le lecteur ? la lettre naît d'une matrice et d'un poinçon ; maigre ou grasse, elle est caractérisée par un corps, un Å“il, ses relations avec les autres par la chasse, l'approche, etc.

Leurs cartes de vÅ“ux, liées à des événements importants de l'année, ponctuent le parcours de l'exposition, comme autant d'empreintes récurrentes, de scansions, qui, d'un nouvel an à l'autre, distinguent les années et, avec le recul du temps, les enveloppent dans la durée.

La conception du livre d'artiste-catalogue de l'exposition est particulièrement originale. Bousculant la chronologie, les zones typographiques – poèmes, réflexions, commentaires, écrits théoriques, lettres au plomb ou à l'ordinateur â€“ côtoient ou rencontrent les gravures, dessins, photographies et révèlent deux mondes parallèles qui le plus souvent s'unissent. Jeux de matières, d'ombres, d'espace, de trompe-l'Å“il, contrastes de l'encre et du papier entraînent le lecteur-spectateur dans un étrange labyrinthe, où les compositions noueuses, linéaires ou rayonnantes architecturent l'espace de la page. Elles démontrent que la typographie est un art où matière, sens et esthétique sont parties prenantes et ramènent à l'humain, à sa main comme à son esprit. La gravure prend toute sa place, apportant par la présence sensible ou l'évanescence de son trait, équilibre, puissance et harmonie.

Livre d'artiste-catalogue : 128 pages, format à l'italienne (24 x 30 cm).

Programme de l'inauguration du 15 septembre

15h00 : CONFERENCE DES AMIS DE SAINT-RIQUIER

MORSURE DE CUIVRE SUR ECRIT DE PLOMB
Rencontre avec Martine Rassineux et François Da Ros, typographe, maître d'art créateur des éditions Anakatabase, illustrées par Martine Rassineux.

17H00 : INAUGURATION DE L'EXPOSITION
18H30 : LECTURE-SPECTACLE

Avec Philippe Muller et Vincent Vernillat. Compagnie PMVV Le grain de sable.

Le roi et la reine Jane
«La reine Jane» Martine Rassineux et «Le roi» François Da Ros interpellent leurs Généalogies à travers deux textes autobiographiques.

Informations pratiques

Exposition à l'abbaye de Saint-Riquier–Somme du 15 septembre au 18 novembre 2007

Du 15 au 30 septembre tous les jours de 10h00 à 18h00

Du 1er octobre au 18 novembre du lundi au vendredi de 14h00 à 18h00, samedis, dimanches et jours fériés de 10h00 à 12h00 et de 14h00 à 18h00.

Entrée libre.

Tél : 03 22 71 82 20
Fax : 03 22 71 83 99
Courriel

Exposition du catalogue-livre d'artiste du 11 octobre au 10 novembre 2007

Comptoir des écritures

35, rue Quincampoix 75004 Paris (tél. 01 42 78 95 10)

Du mardi au samedi de 11h00 à 19h00.

Vernissage le 11 octobre à partir de 18h00 et signature du livre par les auteurs avec lecture
des préfaces par Philippe Müller et Vincent Vernillat de la Compagnie «Â Le grain de sable » à partir de 19 h30 heures.